Frappe-toi le cœur, Amélie Nothomb

Couverture de Frappe-toi le cœur, d'Amélie Nothomb
J'ai eu cette année l'occasion d'assister à un débat avec Amélie Nothomb lors de la manifestation "Morges sur les quais". J'ai eu vraiment beaucoup de plaisir à l'écouter parler de "Frappe-toi le coeur" (que je n'avais pas encore lu), de sa façon d'aborder l'écriture et la littérature. Quelle femme pétillante, pleine d'autodérision, d'humour et de répondant, avec cette pointe de folie qui imprègne chacun de ses livres.

Je boudais ses romans depuis quelques années, un peu lassée par son style, par ce qui me semblait être une "recette Nothomb" toute prête à être ressortie à chaque rentrée littéraire. Riquet à la houppe, opus de l'an passé, m'a laissé le souvenir d'une lecture facile et agréable (comme la plupart de ses romans, d'ailleurs), sans pour autant marquer mon esprit dans la durée. Je suis d'ailleurs bien incapable de vous dire, là, à froid, de quoi il parlait... 

J'ai découvert cette auteur assez jeune, avec Stupeur et Tremblements, et je me souviens avoir dévoré à la suite tous ses livres existants, avec des coups de cœur notamment pour Hygiène de l'assassin (comme c'est original, non..), Stupeurs et tremblements et Attentats.

Alors qu'en est-il du cru 2017? Je l'ai trouvé en rupture avec ses précédents, j'ai ressenti comme une envie de "sobriété" de la part de l'auteur. Plutôt comique, lorsque l'on sait qu'elle voue un véritable culte au champagne. Mais je fais ici référence à son style, plus épuré, moins "nothombien" mais qui reste tout à fait reconnaissable dans son sens de la formule, de la phrase bien tournée et percutante. Cette fois-ci, très peu de mots "sortis de nulle part", que je n'avais jamais entendus avant la lecture du livre et que je n'ai plus jamais entendu après, par exemple ; ses personnages ont d'habitude pour nom Plectudre, Prétextat Tach, Palamède Bernardin, Pannonique, et j'en passe. Les héroïnes ici s'appellent Diane, Célia, Olivia, Marie. 

Marie, dont la plus grande satisfaction est de susciter l'envie dans son entourage. Tout ce qu'elle entreprend, y compris le choix de son mari, tend vers ce but. C'est sur Olivier qu'elle jette son dévolu, car c'est celui qui fait tourner le plus de têtes. Lorsque qu'elle met au monde Diane, qui par son charme lui vole toute l'attention, la jalousie et la rancœur vont se glisser entre la mère et la fille comme un venin. Diane va grandir dans le manque de cet amour qu'on dit inconditionnel, en pleine conscience des sentiments qu'elle inspire à sa mère. Adulte, elle va s'appliquer à chercher cette reconnaissance en la personne d'Olivia, sa maître de conférence à l'université (Diane veut devenir cardiologue, soigner les cœurs malades donc...), en qui elle pense pouvoir trouver un peu de la mère qui lui a fait défaut. Grave erreur, vous vous en doutez, mais chut je m'arrête là! 
Des personnages comme toujours hauts en couleurs et assez théâtraux, à la personnalité très tranchée. La jalousie, l'amour maternel, la complexité des sentiments humains sont au cœur de cette histoire. 

Encore une fois, un livre agréable et facile, non dépourvu d'intérêt. Mais comme souvent avec les romans d'Amélie Nothomb, il me reste un sentiment d'inachevé, la sensation que le tout a été brossé trop sommairement, voire bâclé. La lecture est bien rythmée et efficace, on va à l'essentiel, mais peut-être un peu trop rapidement. Dans ma précédente critique je vous disais qu'il était bon parfois de devoir prendre son temps pour apprécier un roman, ici j'ai l'impression d'en manquer tant le livre est vite terminé, et c'est un peu frustrant.

Est-ce que ce roman marquera ma mémoire? Rendez-vous dans une année, lorsque j'écrirais ma chronique sur la sortie de 2018 ! En attendant, vous ne perdrez rien à lire celui-ci. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire