Par le vent pleuré, Ron Rash

Une découverte et un vrai coup de cœur pour ce roman cruel et bouleversant, et surtout pour cet auteur, que je n'avais encore jamais lu et dont la plume m'a accrochée dès les premières pages.

Encore un cas de disparition mystérieuse et de passé sordide qui remonte à la surface sous le poids d'un secret, devenu trop lourd à porter. Décidément, ce thème semble me poursuivre ces jours, pour mon plus grand plaisir ! Et Ron Rash le traite ici d'une manière magnifique, construisant son intrigue autour de deux frères, Bill et Eugène, qui se laissent grandir avec une certaine insouciance dans un petit coin perdu des Appalaches, dans les années 60. Orphelins de père, élevés par une mère effacée et un grand-père paternel tyrannique, ils vivent pourtant une enfance et une adolescente plutôt paisibles, dans cette petite bourgade, où les échos de la guerre du Vietnam ou du Flower Power n'arrivent que par bribes étouffées. Mais cet été 69 va marquer définitivement la fin de leur insouciance, en mettant sur leur chemin l'envoûtante Ligeia, jeune nymphette libérée, un peu hippie, un peu rebelle, qui va faire naître une rivalité destructrice entre les deux garçons, titillant leur hormones en ébullition et attisant leurs différences, avant de disparaître. Lorsque 46 ans plus tard ses ossements remontent littéralement à la surface de la rivière, enveloppés dans une toile de plastique, les deux frères vont devoir déterrer les secrets du passé...