La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker



"Balivernes, ma chère amie, répondit Ostrovski en ricanant. Je n’ai jamais, et je dis bien jamais, rencontré un critique qui rêvait d’écrire. Les critiques sont au-dessus de cela. Écrire est un art mineur. Écrire, c’est mettre des mots ensemble qui forment ensuite des phrases. Même une guenon un peu dressée peut faire cela !"

"- Mais parce que dans l'ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole, le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l'eau de rose, il y a le roman policier."

Après avoir lu les deux derniers livres de notre Joël national, je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci. Alors évidemment, lorsqu'un auteur rencontre un tel succès, il ne peut éviter d'être attendu au tournant... Et je n'ai pas échappé à la tendance, malgré l'affection (toute platonique ahah) que j'ai pour ce jeune auteur. 

Bondrée, Andrée A. Michaud

"Je n'ai rien oublié des forêts de Bondrée, d'un vert à ce point pénétrant qu'il me semble aujourd'hui issu de la seule luminosité du rêve. Et pourtant, rien n'est plus réel que ces forêts où coule encore le sang des renards roux, rien n'est plus vrai que ces eaux douces dans lesquelles je me suis baignée longtemps après la mort de Pierre Landry, dont le passage au cœur des bois continuait de hanter les lieux."

"Elle me fusillait du regard, mais je n'avais pas cherché à esquiver le tir. Je savais que ma mère tirait à blanc, sinon j'aurais été morte depuis longtemps."


Un livre que j'aurai dû et voulu aimer, mais qui me laisse au final une impression un peu mitigée.


A priori, le scénario a tout pour me plaire. Dans les années 60, dans un petit village de vacances à la frontière du Maine et du Canada, le temps s'écoule et s'étire au rythme des baignades et des barbecues. Et puis, les jeunes filles, entre l'enfance et l'adolescence, sont bronzées et un peu aguicheuses, à moitié conscientes seulement du dangers qui les guettent, elle se disputent l'intérêt du bellâtre du camping. Un été comme bien d'autres en somme, jusqu'à ce que l'une d'entre elles est retrouvée morte, affreusement mutilée.

Aquarium, David Vann

Couverture de Aquarium, de David Vann
"Tout est possible avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et nous détruisent. Ils déforment le monde, le recréent à leur manière et c'est ce monde-là qu'on connaît ensuite, pour toujours. C'est le seul monde. On est incapable de voir à quoi d'autre il pourrait ressembler."

"La fin, aussi, de l’amour simple et entier envers ma mère. Les limites de mon propre pardon" 
 
"Le pire, dans l’enfance, c’est de ne pas savoir que les mauvais moments ont une fin, que le temps passe. Un instant terrible pour un enfant plane avec une sorte d’éternité, insoutenable. La colère de ma mère s’étirait à l’infini, une rage à laquelle nous n’échapperions jamais."  

J'ai découvert cet auteur avec Sukkwan Island (lisez-le!). En attendant de lire son nouveau roman, je suis tombée sur celui-ci par hasard, et je me suis empressée de le mettre sur ma liseuse.

Débâcle, Lize Spit

Couverture de Débâcle, Lize Spit
"Il est revenu armé d'un sachet de krupuk et d'un saint Nicolas miniature en chocolat. Le paquet de chips aux crevettes a fini sur ses genoux, la figurine sur les miens. J'ai directement croqué la tête du saint homme, histoire d'abréger ses souffrances- c'est comme ça que faisait Tessie : "Ceux qui commencent par les pieds, on voit tout de suite que c'est des sadiques."

"Est-ce qu'il existait un mot pour exprimer ce qu'elle était devenue ? Un nom comme veuve ou orpheline, mais réservé aux mères ayant perdu un enfant ? Et le fait qu'il n'y en ait pas, est-ce que c'était une consolation ou au contraire une chose qui transformait le chagrin en un animal féroce et indomptable ?"

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard sur Instagram. C'est bien sûr avant tout cette couverture terriblement dérangeante qui m'a poussé à lire le résumé. 

Serre-moi fort, Claire Favan

Couverture de Serre-moi fort, Claire Favan
"Tout ça est tellement injuste ! Ma sœur a disparu, mais au fond, c'est moi qui suis mort. Me vient une brusque envie de cracher ma haine à la face du monde, de maudire la pitié hypocrite des voisins, de réveiller mon père et ma mère à coups de pied. "

 "Je me demande parfois si mes parents seraient aussi malheureux si c'était moi le disparu..."

"Je ne suis pas comme tous ces tueurs en série inadaptés qui vivent en marge de la société avec une étiquette de frappadingue plantée au milieu du front. Je ne vis pas isolé, j'ai des amis, des voisins qui pensent que je suis un gars serviable. Je suis quelqu'un de tout à fait fréquentable. J'ai des rapports normaux avec les femmes. J'aime leur donner du plaisir. Je n'ai aucune pulsion violente ou de problème d'impuissance quand je suis avec une fille. Oui, tout va bien... "

Me voilà à nouveau avec un policier bien noir et bien glauque comme je les aime, et une auteur que je ne connaissais pas encore, Claire Favan. Avec ce roman, elle s'est hissée dans les premières places de ma listes des auteurs à suivre (liste purement théorique évidemment, car je n'arrive jamais à lire tous les livres qui s'y trouvent).