Assassins d'avant, Elisa Vix

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"À l’époque, on ne me dit rien. On me cache tout. On m’épargne. Pour mon bien. Trop petite. Trop fragile. Trop dur à énoncer. Pendant huit jours, mon père me raconte que ma mère est en voyage. On l’enterre sans moi." 

"D’elle, j’ai peu de souvenirs, et, par-delà sa perte, c’est ma blessure incurable : qu’on me l’ait enlevée avant que j’aie pu me forger mes souvenirs. On m’a volé mon enfance, on m’a volé la douceur d’un foyer uni, on m’a volé une mère aimante, jusque dans ma mémoire."
 
Et voilà un livre que je viens de terminer et qui me donne l'occasion de vous parler d'une auteur que j'aime beaucoup. 

25 ans après le meurtre de sa mère, maîtresse d'école abattue dans sa salle de classe par l'un de ses élèves, Adèle, décide de mener sa propre enquête sur le drame qui a marqué son enfance. Les nombreuses zones d'ombre autour de cette histoire lui font penser que l'affaire a peut-être été classée un peu trop rapidement. Pourquoi un enfant aurait-t-il assassiné cette femme sans histoire, appréciée de tous ? Pour l'aider dans sa démarche, elle s'adresse à Manuel Ferreira, jeune flic... qui se trouvait dans la classe ce jour-là. Comme si cela n'était pas déjà assez compliqué comme ça, Manuel tombe amoureux d'Adèle...

Les règles d'usage, Joyce Maynard

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"Il s'avérait que des choses horribles pouvaient arriver à des gens ordinaires. Des choses inimaginables pouvaient se produire dans les endroits les plus banals." (p.112)

"Je ne sais pas ce qui est le plus dur, répondit-il. Quand on a la sensation de ne plus pouvoir continuer, ou quand on commence à se rendre compte qu'on continuera." (p. 384)

"Comment est-il possible que, pour certains, une terrible tragédie puisse se produire et que celle-ci semble seulement les rendre plus forts et plus déterminés à donner un sens à leur vie ? Tandis que, pour d'autres, l'épreuve se borne à les broyer. Ils ne s'en remettent jamais. Ils n'en sont pas moins bons, c'est juste qu'il leur manque une sorte d'instinct de conservation" (p. 445).

Avez-vous déjà lu un roman de Joyce Maynard? Si ce n'est pas le cas, vous avez beaucoup de chance, car vous avez tout à découvrir de cette auteur, qui à chaque ouvrage m'éblouit par sa justesse. C'est encore le cas ici avec ce roman post-11 septembre. 

Bilan lecture du mois de décembre

Un livre que j'ai mis deux semaines à lire tant il m'a ennuyé (d'où l'absence de posts pendant deux semaines, pour les deux du fond qui auront remarqué), puis les vacances, qui m'ont permise de dévorer des livres courts et passionnants, voici mon bilan lecture du mois de décembre : 

Avenue des géants, Marc Dugain 

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Une première rencontre avec Marc Dugain, qui ne m'a pas convaincue de poursuivre l'aventure. Ce livre avait pourtant tout pour me plaire : l'histoire romancée d'Edmund Kemper (devenu Al Kenner dans le roman), tueur en série ayant sévi dans l'Amérique des années 60. Un roman en forme de road trip sur les routes de la Californie, qui raconte le destin tragique d'un psychopathe au QI et au physique hors normes, et qui a des choses à régler avec sa maman. 
Impossible pour moi de m'immerger dans la tête de cet homme, comme l'aurait voulu Marc Dugain. L'écriture est plaisante et fluide, l'histoire prometteuse, mais je me suis ennuyée. Je n'ai pas réussi à m'intéresser suffisamment à ce personnage, ma curiosité à son égard allait en déclinant au fil des pages. J'ai quand même terminé le livre, au bout de deux semaines d'efforts, que j'aurais bien pu m'épargner car au final, je n'en ai pas retiré grand chose... 

Dans la forêt, Jean Hegland

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Alerte coup de cœur ! Rien d'original, car les avis que j'ai pu lire ici et là sont pour la plupart très positifs. Je n'ai même pas le mérite de la découverte, car je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant de tomber par hasard dessus sur e-bibliomedia. Écrit il y a plus de 20 ans et traduit en français seulement en 2017, ce livre fait pourtant dramatiquement écho aux préoccupations de notre époque.

Au début, cela ressemblait à des coupures d'électricité, sans gravité.  Et puis les pannes ont duré plusieurs jours, plusieurs semaines. Et un jour, l'électricité n'est plus revenue. Puis l'essence est venue à manquer et a fini par devenir une denrée rarissime. Les villes ont été désertées. Les magasins pillés. On ne sait pas vraiment ce qui est à l'origine de ce désastre et on ne le saura pas plus qu'Eva et Nell, les héroïnes de ce roman. Isolées dans leur maison en pleine forêt, les deux sœurs assistent de loin à l'effondrement de leur civilisation. 

Par le vent pleuré, Ron Rash

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Une découverte et un vrai coup de cœur pour ce roman cruel et bouleversant, et surtout pour cet auteur, que je n'avais encore jamais lu et dont la plume m'a accrochée dès les premières pages.

Encore un cas de disparition mystérieuse et de passé sordide qui remonte à la surface sous le poids d'un secret, devenu trop lourd à porter. Décidément, ce thème semble me poursuivre ces jours, pour mon plus grand plaisir ! Et Ron Rash le traite ici d'une manière magnifique, construisant son intrigue autour de deux frères, Bill et Eugène, qui se laissent grandir avec une certaine insouciance dans un petit coin perdu des Appalaches, dans les années 60. Orphelins de père, élevés par une mère effacée et un grand-père paternel tyrannique, ils vivent pourtant une enfance et une adolescente plutôt paisibles, dans cette petite bourgade, où les échos de la guerre du Vietnam ou du Flower Power n'arrivent que par bribes étouffées. Mais cet été 69 va marquer définitivement la fin de leur insouciance, en mettant sur leur chemin l'envoûtante Ligeia, jeune nymphette libérée, un peu hippie, un peu rebelle, qui va faire naître une rivalité destructrice entre les deux garçons, titillant leur hormones en ébullition et attisant leurs différences, avant de disparaître. Lorsque 46 ans plus tard ses ossements remontent littéralement à la surface de la rivière, enveloppés dans une toile de plastique, les deux frères vont devoir déterrer les secrets du passé...